Nouvel avis de modification au dossier
Piste cyclable à la Calway: la CPTAQ n'accepte qu'en partie le tracé
La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) autorise en partie la demande du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) pour aménager le lien cyclable à la hauteur de la rivière Calway, à Saint-Joseph-de-Beauce.
Dans un avis daté de ce mercredi 7 octobre, elle accepte le tracé prévu du côté est de la rivière, mais refuse celui du côté ouest, qu'elle juge possible de déplacer pour préserver des terres cultivées.
Il ne s'agit pas encore d'une décision finale. L'avis modifie l'orientation préliminaire transmise par la Commission le 23 juillet dernier, qui recommandait alors de refuser la demande. Une période de dix jours est maintenant ouverte pour permettre à toute personne intéressée de soumettre des observations écrites, après quoi la Commission rendra sa décision.
Le dossier concerne le « plan B » du ministère, élaboré après l'arrêt des travaux de la passerelle permanente à l'été 2025, alors qu'une importante crue avait forcé l'interruption du chantier. Ce plan prévoit deux tronçons, un de chaque côté de la Calway, pour relier la véloroute de la Beauce, aménagée sur l'ancienne voie ferrée, à la route 173. Le MTMD demande à la Commission l'autorisation d'acquérir 3,07 hectares et d'en utiliser 1,04 pour la piste, sur des terres appartenant à Denis Gendron, à l'ouest, et à Gestion IHD inc., à l'est.
L'est passe, l'ouest à revoir
Du côté est, l'avis conclut que le tracé constitue un site de moindre impact. La parcelle visée est située le plus possible à l'extrémité de la propriété de Gestion IHD inc., ce qui préserve suffisamment la terre cultivée selon la Commission, et l'autorisation n'aurait pas de conséquence sur les activités agricoles qui s'y pratiquent.
Il en va autrement de l'autre côté de la rivière. L'emprise proposée s'y trouve à plus de 63 mètres du cours d'eau, contre environ 22,8 mètres à l'est, et la Commission croit qu'elle pourrait être rapprochée tout en restant suffisamment éloignée de la rive. Elle suggère de la déplacer en partie sur le lot voisin, un boisé en pente classé érablière dans l'inventaire écoforestier, mais dont la localisation, entre un îlot déstructuré au nord et la rivière, limite le potentiel acéricole.
Le segment sud pourrait de son côté être rapproché du petit étang. « Certes, le tracé serait moins linéaire, mais il permettrait de préserver davantage de superficies cultivées », fait valoir l'avis.
Les sols de la propriété de M. Gendron, de classe 3 et donc de haut potentiel, sont majoritairement cultivés. Ses terres sont louées à un producteur de bovins, qui y exploite notamment les champs visés, et des représentants de la Fédération de l'UPA Chaudière-Appalaches ont indiqué à la Commission qu'une autorisation le priverait de superficies utiles.
Déplacer le tracé permettrait aussi, selon l'avis, d'éviter une situation d'enclave autour d'une résidence, que des représentants du ministère avaient eux-mêmes évoquée lors d'une rencontre. Pour l'ensemble du projet, la Commission note une perte nette de plus d'un hectare de sol de très bon potentiel. Elle écrit ne pas être favorable à sacrifier cette ressource « compte tenu de l'existence apparente de site de moindre impact permettant de la préserver ».
M. Gendron a de son côté expliqué à la Commission que la rivière Chaudière déborde chaque année. Au printemps, il estime que 50 à 80 % de sa propriété est inondée, jusqu'à la grange, ce qui ferait que le tronçon de piste situé sur ses terres se retrouverait lui aussi sous l'eau. Tous les propriétaires concernés ont par ailleurs conclu des ententes de gré à gré avec le ministère.
Et les travaux?
L'avis ne se prononce pas sur l'échéancier. En août, EnBeauce.com rapportait que le début des travaux, prévu à l'origine ce mois-là, était déjà compromis pour 2026, en raison de l'attente de l'autorisation de la CPTAQ et de la grève des quelque 1 900 ingénieurs du gouvernement du Québec.
EnBeauce.com a tenté de joindre le ministère afin de recueillir sa réaction, sans réponse au moment de publier. Les personnes intéressées disposent de dix jours à compter de l'avis pour transmettre leurs observations à la Commission, qui rendra ensuite sa décision.
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