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Le journal d’une victime de violence conjugale

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11 mars 2015
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Gabriel Gignac
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Par Gabriel Gignac, Journaliste

Une femme qui a été victime de violence conjugale pendant près de dix ans a souhaité raconter son histoire à EnBeauce.com afin d’inciter celles qui vivent la violence au quotidien à prendre la bonne décision pour finalement voir la lumière au bout du tunnel. 

Son récit des événements est si pénible que celle-ci confie avoir été contrainte de quitter sa famille, ses amis et de faire plus de huit heures de route pour se sauver de son bourreau. Cette femme, que nous appellerons Mélinda, a même dû changer de nom et d'apparence et dit craindre pour sa vie chaque jour. 

Mélinda a côtoyé l'homme qui lui a fait vivre l'enfer à l'âge de 19 ans. « Il était mon idéal physique, je le trouvais attirant et pour être honnête, j'aimais son côté mauvais garçon. Pour une raison que je ne peux expliquer, bien des jeunes filles aiment ce genre. Il avait déjà été dans les centres jeunesse, mais jamais je n'aurais pensé qu'il aurait été comme ça avec moi », dit-elle.

Tout au long de leur relation, Mélinda a subi la violence psychologique. L'homme l'interpellait souvent avec des mots matraques à la « Charrue », « Conne », « Vache » et plus encore agrémenté de blasphèmes. « J'avais ce genre de remarque à de multiples reprises, tous les jours, ainsi que des coups de doigts sur la poitrine de façon répétitive. Je n'étais toutefois pas frappée au visage alors je ne le voyais pas à l'époque comme de la violence conjugale », affirme la femme avec émotion.

Plus tard, celle-ci a déménagé à Montréal avec son conjoint puisque tous les deux y étudiaient. « Ce fût une grave erreur d'aller là-bas avec lui. J'ai souvent essayé de le quitter lorsque j'étais à Montréal, mais je n'avais pas de voiture et pas vraiment d'amis. Je ne peux pas dire qu'il avait prévu le coup, mais il a assurément tiré avantage de la situation pour me manipuler encore plus », déplore-t-elle. Quelque temps après, Mélinda tombe enceinte de son homme. « Je disais à l'âge de 15 ans que je ne voulais pas donner naissance à un enfant dans ce monde de fou. Mon premier enfant n'était pas voulu, mais je me disais qu'un enfant pourrait changer quelqu'un. J'ai vraiment été naïve », souligne-t-elle avec émotion.

Elle a également eu un deuxième enfant avec ce dernier quelques années après. « Je ne suis même pas capable de vous dire pourquoi j'ai eu un deuxième enfant avec lui, peut-être l'image de la famille que mes parents m'ont inculquée. Je dirais que les enfants et l'image de la famille m'ont poussé à rester avec lui trop longtemps », ajoute-t-elle.

La situation s’est empirée quand son bourreau a commencé à consommer de la drogue de façon régulière. « Les insultes étaient répétées et le tout était encore pire. J'étais devenue sa servante. J'arrivais de travailler plus tard que lui et je devais faire le souper. Il me disait toujours que c'était dégueulasse. Tout ce que je faisais pour lui ou pour la famille était mal fait à ses yeux. Je me faisais brasser et crier des noms, ça ne faisait qu'empirer », dit-elle en essuyant quelques larmes. 

Puis, Mélinda porte plainte à la police à la suite d’un souper qui tourne mal. « J'avais fait le souper et il l'a jeté aux poubelles devant les enfants en disant ''Criss de salope, t'es bonne à rien ''. Le ton a monté et il m'a menacé. J'étais prête à partir, mais quand la police nous a parlé de la garde partagée des enfants, j'ai gelé ben raide. J'ai honte d'avoir rebroussé chemin », raconte-t-elle la mine basse.

La décision

Elle prendra la décision de quitter le domicile quelques années plus tard et même d’aller se réfugier dans les bois. Mélinda croyait qu'elle était enfin libre.

« Je pensais que rien ne pourrait être pire. Je pouvais recevoir une trentaine d'appels par jour de sa part. Il y en avait de toutes les sortes. Je pouvais entendre des ''reviens à la maison pour les enfants'', des menaces, des sanglots suivis de plusieurs ''désolé''. Il affirmait qu'il allait changer et répétait des insultes. Il essayait de me manipuler de toutes les façons possibles. J'en suis presque devenue folle », déclare-t-elle après un long soupir. 

À la suite de toute cette histoire, on lui a diagnostiqué un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ainsi qu’un trouble de la personnalité limite (TPL) et d'anxiété. Mélinda attribue une partie de ces problèmes à ladite relation conjugale.

Encore aujourd’hui, elle craint des représailles de son ex-conjoint. « Je suis convaincue qu'il va finir par me retrouver un jour et me tuer », conclut-elle.

La suite : Violence conjugale : La guerre pour obtenir la garde des enfants

 

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