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Jour 36: des chefs de parti en mode défensif à l'approche du scrutin

Jour 36: des chefs de parti en mode défensif à l'approche du scrutin
Photo: La Presse Canadienne, 2026

La campagne électorale québécoise tire à sa fin et les caravanes ciblent désormais des régions où les luttes s'annoncent serrées lundi prochain.

Au jour 36 de la campagne, jeudi, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s'est rendu au Centre-du-Québec, notamment pour soutenir son député sortant et candidat dans la circonscription d’Arthabaska, Alex Boissonneault.

Celui-ci se trouve menacé par le Parti conservateur (PCQ). Le chef péquiste a reconnu que «la course est serrée» et a dit aux électeurs qu'ils ne peuvent pas passer à côté de la chance de réélire un député de cette qualité.

M. St-Pierre Plamondon a même laissé entendre que M. Boissonneault pourrait fait partie de son conseil des ministres advenant l'élection du PQ au pouvoir.

M. St-Pierre Plamonondon a aussi lancé un appel aux électeurs québécois pour obtenir un gouvernement majoritaire. Il a soutenu incarner la stabilité et qu'un gouvernement majoritaire en est la clé.

«Donnez-nous une vraie chance d'embarquer sur la glace», a-t-il lancé en conférence de presse.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, est pour sa part retourné en Estrie où il tente de se faire élire pour la première fois. Sa victoire dans Orford n'est pas acquise.

M. Milliard s'est arrêté à Cowansville et Sherbrooke. Le chef des rouges a lancé, à son tour, un appel aux électeurs. Il a invité tous les caquistes «déçus», et ceux qui se reconnaissent dans le «discours de rigueur budgétaire d'Éric Duhaime», à voter libéral.

«Ça nous prend un premier ministre de l'économie, pas un premier ministre de la zizanie», a-t-il déclaré, attaquant une fois de plus son adversaire péquiste.

M. Milliard a rappelé que M. St-Pierre Plamondon s'est engagé à abolir la monarchie, en plus de s'insurger contre Mark Carney dans le dossier de l'immigration.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, était dans Maurice-Richard, à Montréal, jeudi matin. La circonscription détenue par le parti de gauche depuis 2022 pourrait changer de couleur le 5 octobre.

Les sondages montrent qu’une lutte à trois se dessine entre le PQ, le PLQ et QS. Rappelons que le comté était représenté par Haroun Bouazzi lors de la dissolution du Parlement, mais celui-ci a décidé de ne pas être de nouveau sur les rangs.

Certains sondages montrent aussi que QS est en difficulté dans certaines circonscriptions montréalaises où les gens ont l'habitude d'élire des députés de la formation.

Questionnée sur ce sujet, Mme Ghazal a répondu que «la campagne n'est pas terminée» et qu'elle est «extrêmement fière» de sa campagne et des solutions qu'elle a mises de l'avant.

La cheffe solidaire a également appelé les Québécois à ne pas voter stratégiquement, dans le but, par exemple, de bloquer l'élection d'un candidat.

«Les gens sont tannés du vote stratégique, ce qu'ils ont besoin là, c'est que leur voix soit entendue. Moi, j'invite les Québécois à voter selon leur cœur», a-t-elle dit.

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Par ailleurs, Mme Ghazal a proposé d'interdire les évictions, les reprises de logement et les résiliations de baux pendant l’hiver, «pour qu’aucun locataire ne se retrouve à la rue en plein hiver».

La mesure empêcherait les reprises de logement et les résiliations de baux entre le 1er décembre et le 31 mars.

Ingérence étrangère et le privé en santé

La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a passé une partie de la journée à Montréal. Elle a de nouveau été rattrapée par l'histoire d'une possible ingérence étrangère de la part des États-Unis dans la campagne électorale québécoise.

Mme Fréchette a reconnu avoir réagi trop rapidement aux informations dans cette affaire qui avait fait l'objet d'un reportage du «Journal de Montréal», le 25 septembre.

«J'aurais dû attendre d'avoir plus d'informations avant de me prononcer, et c'est ça que je ferais différemment», a-t-elle affirmé en entrevue jeudi matin avec Patrick Lagacé au 98,5.

Dans les minutes qui avaient suivi la parution de l'article, Mme Fréchette s'était dite «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur de possibles risques d’ingérence étrangère». Plus tard dans la journée, la première ministre sortante a finalement plutôt indiqué qu’il «n’y a pas de nature à craindre pour l’intégrité du processus électoral québécois».

«J'aurais dû me limiter à mon commentaire en fin d'après-midi, parce que j'avais, à ce moment-là, plus d'informations et j'étais rassurée», a-t-elle ajouté lors de l'entrevue jeudi.

L'article rapportait que début septembre, un haut fonctionnaire du gouvernement Fréchette a reçu, de la part du fédéral, des écrits d’un groupe de réflexion américain, le Defense Analyses and Research Corporation (DARC). Ce groupe propose notamment de soutenir financièrement le Parti québécois.

De son côté, le chef du PCQ, Éric Duhaime, a présenté son plan pour ouvrir encore davantage le réseau de la santé au secteur privé, qui serait maintenant impliqué dans la gestion d'hôpitaux.

La formation politique veut quatre nouveaux hôpitaux qui seraient construits et exploités par le secteur privé.

Les patients québécois pourraient toutefois y recevoir des soins gratuitement avec la carte d'assurance maladie.

Pour ce faire, l'État «achèterait les soins par contrat», précise le parti par communiqué.

«Quand le public ne peut vous soigner dans un délai médicalement raisonnable ou que le privé offre les soins à un coût moindre, vous devez pouvoir consulter un autre prestataire qualifié, notamment au privé, avec votre carte d’assurance maladie», a soutenu M. Duhaime dans son communiqué.

Les Québécois sont appelés à se rendre aux urnes lundi prochain.

— Avec des informations de Patrice Bergeron, Caroline Plante, Stéphane Blais et Thomas Laberge de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne